Le comité d’experts

Qu’aujourd’hui il n’y ait plus d’administration publique qui ne travaille sans l’aval d’une commission, d’un conseil, d’un comité d’experts qui lui soit extérieur, nul ne s’en étonne. Pourtant, que ce recours soit systématique mérite qu’on s’y attarde. En posant ainsi les experts, donc l’expertise, en dehors de l’administration publique, et ce, particulièrement en regard de l’art, on accrédite, sans l’étayer, une double séparation : celle de l’administration et de l’expertise d’une part, celle de l’art et du public d’autre part. Il s’agit d’idées communes. Elles semblent même séduisantes. Elles proposent un modèle où les mondes se distinguent sans se recouvrir, où les limites sont étanches. Chaque monde (celui de l’administration ou celui de l’art) se distinguant, s’opposant au reste du monde.

l’expérience de l’exposition

L’exposition « Tirant d’air » que la MAAC propose cet automne présente, pour une grande part, les mêmes travaux que ceux qui constituaient l’exposition du même nom accueillie par le CAC PASSAGES de Troyes au printemps. Initialement, il s’agissait pour moi, un peu naïvement sans doute, de proposer la même exposition ; de rendre ces travaux publics à Bruxelles également, de faire en sorte que les amis qui n’avaient pu faire le voyage puissent les éprouver.
Bien sûr, l’espace étant différent, je savais que l’exposition le serait également. De plus, un mur de briques peintes en blanc dans la grande salle de la MAAC m’intéressait beaucoup. Il me permettait de réaliser une installation qui me tenait à cœur et qui nécessite une projection sur un tel mur. Cette installation n’avait pas sa place à Troyes. Mais, malgré ces différences, il me semblait qu’il s’agirait de l’exposition des mêmes travaux. Le DVD édité conjointement par le CAC Passages et par la MAAC, et qui en est une forme de catalogue, en témoigne.

De bric et de broc, ruinons le pro-jet.

En politique aussi, du moins en Belgique, il y va du bricolage. Là aussi le projet qui deviendra loi sera le résultat de ce qui se trouvait là à un moment donné. Les éléments de départ sont donnés : ce sont les forces en présence et leur capacité à comprendre la différence d’une spécificité. C’est aussi la capacité d’expliquer de convaincre, de démontrer. C’est enfin tous les autres choix qui ont été fait précédemment, l’ensemble des textes de loi déjà rédigés et votés ; car ces textes, ces autres textes, avant d’avoir été votés, ont été débattus. Et que les raisons qui ont conduit à un choix ne disparaissent pas avec un nouveau texte. Ce sont tous ces éléments qui ont à s’organiser en un nouveau texte de loi. Nulle idée, nul projet n’est en soi supérieur à un autre, puisqu’il y va de l’organisation de la société.