1983. Malfrat de petite envergure, Jesse choisit une voiture au hasard, force la serrure, monte à bord et file dans la nuit pour aller retrouver la belle Monica qui vit à Los Angeles. Comme il roule à vive allure, un policier se lance à sa poursuite. Pour s’en débarrasser, Jesse s’empare d’un pistolet trouvé dans le véhicule, et tire… Arrivé à L.A., le jeune homme n’a qu’une idée en tête : retrouver sa bien-aimée. Une fois qu’il aura récupéré l’argent que lui doit Berrutti, Jesse compte gagner le Mexique avec la jeune fille. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. Jeune étudiante de bonne famille, Monica hésite un peu à partager la vie de bohème du jeune homme. Par les médias, ce dernier apprend qu’il est recherché. Que doit-il faire ? Fuir ou rester avec l’élue de son cœur, quoi qu’il lui en coûte ?…

French Practice (2018) est un montage associant la moitié supérieure des images et la bande son de « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard au bas des images et aux sous-titre de son remake « Breathless » réalisé par Jim McBride. Richard Gere y joue le rôle tenu par Belmondo dans le film de Godard,  Valérie Kaprisky celui de Jean Seberg.

On connait l’usage américain qui, plutôt que de soutenir la diffusion d’un film français, préfère acheter ses droits pour tourner sur son squelette un film américain. Parfois, ce film américain, sur modèle d’un film français dont on aura gommé l’identité, revient en France.

Le film américain a été distribué en France sous le titre  « A bout de souffle made in USA ». Certain.e.s Français.e.s ont donc découvert « A bout de souffle » en regardant la version américaine. Ce film pose la question de la valeur de l’œuvre et de l’écart de la réception entre deux continents, de la traduction qui, ici, est une traduction d’images, de contexte, voire de récit.… L.A. a pris la place de Paris, l’architecture a pris la place du journalisme qui se pique de littérature, etc… On le comprend, Breathless est construit sur un modèle qu’il suit scrupuleusement. « A bout de souffle » est le mode d’emploi qui a permis à construire « Breathless ».

Durée de la vidéo : 28 min 50 sec. Les scènes sensiblement inspirées par le cinéma d’action américain ont dicté les choix de montage. Ce sont celles qui ont été gardées.