Titanikas galley, Vilnius, 19-08 / 18-09-2021

Après Tartu en Estonie, l’installation «Sanatorium’s atmosphere» est visible à la Titanikas de Vilnius du 19 août au 18 septembre dans le cadre de l’exposition « Returns ».

Cette exposition réunit Damien Beyrouthy, Dénes Farkas, Bruno Goosse, Anna Guilló et Pascal Navarro, avec des œuvres qui abordent la question de la réaction individuelle aux représentations dans une situation donnée, sous de multiples angles et à travers différents médias.

Cette exploration des réactions à divers types de représentation s’appuie sur un projet de recherche-création mené à l’université de Tartu (Estonie), qui se concentre sur les expériences d’œuvres d’art et d’autres productions culturelles qui déclenchent des événements individuels changeant la vie des spectateurs ou des lecteurs.
Pour cette exposition, les artistes ont été invités à réfléchir à l’idée de réception et à la questionner à travers leur pratique respective, notamment le dessin (Guilló & Navarro), l’installation (Farkas & Goosse) et l’art médiatique (Beyrouthy). Returns se penche sur l’idée d’un regard réciproque entre les œuvres d’art et les personnes qui les expérimentent, puisque les deux parties sont également affectées par la rencontre. Elle prend également en compte le rôle actif des personnes qui réagissent aux œuvres, les commentent et peuvent même aboutir à de nouvelles productions, comme c’est le cas ici.
Il n’est pas surprenant que Returns soit aussi une affaire de réminiscence, puisque les expériences hantent les œuvres présentées ici, ainsi que les images qu’elles ont déclenchées chez les artistes, puisant dans leur histoire personnelle. Bien que la rencontre avec des représentations et la réaction à celles-ci ne puissent se produire qu’à un niveau individuel, ces rencontres ont souvent lieu dans des situations qui peuvent être reliées à un contexte sociétal et historique plus large. Les œuvres ont donc en commun de faire référence à des événements passés et présents qui façonnent notre société. Par exemple, les disputes territoriales et les conflits armés alimentent trois des œuvres à travers leurs représentations dans la culture populaire (Beyrouthy), en tant que transformateurs de la cartographie et des itinéraires (Guilló) ou via notre relation avec le patrimoine culturel (Goosse & Navarro). Ces rencontres personnelles avec l’histoire affectent également notre compréhension de l’espace public et privé (Farkas).
Si les œuvres examinent la manière dont nous réagissons aux images, elles remettent également en question la validité de la représentation elle-même. Par exemple, comment la différence entre les vastes étendues de terre vues depuis le hublot d’un avion et la compacité des cartes satellites visualisées sur un écran d’ordinateur portable (Guilló) ou le contraste entre la représentation cinématographique d’une rue de Beyrouth et l’emplacement réel (Beyrouthy) contribuent-ils à notre réponse à ces représentations ? Les doutes suscités par ces expériences peuvent être rendus tangibles en retardant le processus de perception (Navarro), en matérialisant la disjonction de l’espace (Goosse) ou en offrant des points de vue fragmentés et non identifiés (Farkas).
À travers cinq perspectives singulières, Returns renverse ainsi la question de la réception des œuvres d’art et autres productions culturelles, montrant qu’il s’agit d’un processus dans lequel le public est activement transformé par et transforme ce qu’il vit.

Commissariat : Sara Bédard-Goulet et Peeter Talvistu.