Le sanatorium proprement dit se compose de quatre pavillons. Ces pavillons auxquels sont annexés des galeries de cure, sont de dimensions imposantes, d’architecture moderne, aménagés chacun pour 150 malades ; ils sont situés chacun à 600 mètres au moins de distance , ceux à l’Ouest destinés aux hommes, ceux à l’Est mieux protégés contre les intempéries, occupés par les femmes ; la séparation des sexes étant assurée, il n’y a pas de services centraux, chaque pavillon ayant réfectoire, salle de réunion servant au besoin de chapelle le dimanche.

Le Grand Hebdomadaire Illustré de la région du Nord de la France du 5 mars 193

Ce projet s’intéresse à l’invention des sanatoriums publics destinés à soigner les populations pauvres atteintes de la tuberculose en France et en Belgique. Il s’agit d’interroger la tension entre deux modèles. Celui qui consiste à isoler les malades et la maladie des biens-portants afin de créer des conditions de vie saine en un lieu donné: le sanatorium; et celui qui consiste à rendre saines les conditions de vie de la classe ouvrière.

Le choix du sanatorium est à l’origine d’une pensée de la séparation dont les effets sont aujourd’hui toujours présents. Logique d’enfermement mais aussi construction d’un lieu idéal dont une des traces les plus évidentes est la séparation entre le temps de travail et le temps de loisir. Ainsi les vacances sont-elles pensées sur le même mode que l’idéal du sanatorium : des lieux où l’on se repose, mange en abondance et où l’on prend des bains de soleil …

Rendre visible le travail de la séparation. Séparation entre le bien-portant et le malade, entre l’action et l’inaction, entre l’air pur et l’air vicié, séparation entre les sexes, entre le temps de travail et le temps de repos, entre le corps privé et le corps public.

Ce projet a donné lieu à une exposition à l’espace 36 de Saint-Omer. Une édition a également été réalisée à cette occasion : impression / expiration.

Entre Lille, Dunkerque et Le Touquet-Paris-Plage: Saint-Omer. Son centre hospitalier, Saint-Omer Helfaut, trouve son origine dans l’édification, en 1931, d’un sanatorium départemental, véritable ville de santé imaginée, à un endroit reculé des zones habitées, au milieu d’une forêt.
L’exposition présentée à l’espace 36 interroge la tension entre deux modèles. Celui qui consiste à isoler les malades et la maladie des biens portants afin de créer des conditions de vie saine en un lieu donné: le sanatorium; et celui qui consiste à rendre saines les conditions de vie de la classe ouvrière.

Logique d’enfermement mais aussi construction d’un lieu idéal dont une des traces les plus évidentes est la séparation entre le temps de travail et le temps de loisir. Ainsi les vacances sont-elles pensées sur le même mode que l’idéal du sanatorium : des lieux où l’on se repose, mange en abondance et où l’on prend des bains de soleil …

Rendre visible le travail de la séparation. Séparation entre le bien-portant et le malade, entre l’action et l’inaction, entre l’air pur et l’air vicié, séparation entre les sexes, entre le temps de travail et le temps de repos, entre le corps privé et le corps public.

Un jour il voyait des gens du pays très occupés à arracher des orties ; il regarda ce tas de plantes déracinées et déjà desséchées, et dit : — C’est mort. Cela serait pourtant bon si l’on savait s’en servir. Quant l’ortie est jeune, la feuille est un légume excellent ; quand elle vieillit, elle a des filaments et des fibres comme le chanvre et le lin. La toile d’ortie vaut la toile de chanvre. Hachée, l’ortie est bonne pour la volaille ; broyée, elle est bonne pour les bêtes à cornes. La graine de l’ortie mêlée au fourrage donne du luisant au poil des animaux ; la racine mêlée au sel produit une belle couleur jaune. C’est du reste un excellent foin qu’on peut faucher deux fois. Et que faut-il à l’ortie ? Peu de terre, nul soin, nulle culture. Seulement la graine tombe à mesure qu’elle mûrit, et est difficile à récolter. Avec quelque peine qu’on prendrait, l’ortie serait utile ; on la néglige, elle devient nuisible. Alors on la tue.

Que d’hommes ressemblent à l’ortie ! — Il ajouta après un silence : Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs.

Hugo, Les Misérables, 1, Fantine; La descente; Sommes déposées chez Laffite; LLdP p. 244