Le droit dans les rets de l’art

Il a bien fallu qu’un jour, un écrivain, souhaite bénéficier d’une (juste) rémunération pour son travail. Et le droit créa l’auteur.

Le droit, contraint de déterminer ce qui est visé par le droit d’auteur, détermine ce qu’est un auteur. Cette détermination est nécessairement d’ordre général. Il n’est donc pas étonnant que le concept d’auteur soit en extension continue au point qu’il soit en passe de perdre tout caractère discret.

La question posée au droit par la photographie permet de saisir un autre mouvement d’extension : en plus du concepteur, du propriétaire de l’objet physique, il y a le droit afférent au sujet représenté, son propriétaire ou ayant droit.

Ces mouvements extensifs du droit visant l’art semblent inversement proportionnels au mouvement de singularisation et de diversification du geste artistique, au point qu’on ne peut que s’interroger sur la contrainte que le droit exerce sur l’exercice de l’art. Sauf peut-être, pour l’art, à prendre le droit pour son objet de spéculation artistique. C’est ce que cette proposition de cours-conférence se propose de faire.

Espaces d’interférences narratives

Si la profusion de récits éphémères, fragmentaires, recomposables et formatés conduit maintenant à une préoccupante uniformisation des cultures, le désir de contre-narrations élaborées notamment par les artistes pourrait tout aussi bien se révéler capable de donner corps à une mondialité fondée sur une nouvelle forme d’humanisme.

Document, fiction et droit dans l’art contemporain

La fiction juridique permet une critique radicale de la hiérarchie commune en permettant « dans les faits » qu’une fiction devienne réalité. La stabilité du partage ainsi révoquée, il s’agit maintenant, par différents dispositifs plastiques, d’expérimenter la fiction avec les faits et les faits avec la fiction, comme il s’agit d’expérimenter l’art avec le monde.